jeudi 22 décembre 2011

Agile Tour Paris 2011



Les 6 et 7 Décembre, Paris a accueilli deux événements forts portant sur l'agilité et regroupant des centaines de personnes. Me voila à Balard le 6 au matin pour rejoindre les immeubles de Microsoft. Après une transhumance entre la station de métro, l'héliport et les locaux de BouyguesTel, j'atteins les très belles salles de conférences. L'Agile Tour Paris 2011 organisé par Patrice Petit de Agilbee réunissait dans les locaux de Microsoft une journée complète de conférences et d'ateliers. Tout le confort est là sauf le wifi ou la 3G et comme le programme imprimé est très succinct, il valait mieux avoir buché le programme avant de venir !

keynote de Martin Woodward

Au début de l'Agile Tour, j'assiste à la keynote de Martin Woodward, Senior Program Manager chez Microsoft qui présente le changement lié à l'agilité au sein de l'équipe Visual Studio. Il présente cette évolution en listant les croyances du 20ème siècle sur le développement logiciel : 
  • on peut piloter le développement dans le triangle de contraintes (fonctionnalité, temps, coût),
  • les processus protègent les mauvaises surprises,
  • les plus grandes décisions doivent être prises tôt,
  • il est inévitable de gâcher du temps de développement,
  • lorsqu'un projet bat de l'aile il faut le poursuivre simplement en investissant plus,
  • et enfin la croyance que l'équipe devenue héroïque pourra bien venir à bout de toute dette technique.

Il explique que ces croyances ont dorénavant été remplacées par des valeurs qui font à présent consensus, créer un flux continue de création de valeur avec une transparence accrue, moins de gâchis, des feedbacks à chaque étape et une assiduité à la réduction de la dette technique.

Le bout du Tunnel

Ce court atelier animé par Pierrick Thibault d'Agile Garden propose à l'assistance de faire des dessins... L'assistance forme des binômes comportant une personne passant commande, qui elle seule connait le dessin à réaliser, et une personne chargée de dessiner, exécutant cette commande. Dans une première session le passage de commande se fait par écrit. Le donneur d'ordre a 10mn pour décrire un dessin fort complexe, puis il transmet la spécification écrite au dessinateur qui tente en 10mn lui aussi d'interpréter ses instructions et de réaliser le dessin. L'exercice est saisissant, le vocabulaire commun manque, les termes les plus précis deviennent très vagues lorsque l'autre les lit, l'exercice semble à ce stade quasiment impossible. Ensuite vient une nouvelle session de 10mn ou le travail est commun, le donneur d'ordre n'a pas le droit de dessiner lui même ni de mimer le dessin mais il peut voir le dessin durant sa réalisation et discuter. D'un coup ce qui était impossible devient faisable, et on arrive à bout du dessin. Cette fable agile est très puissante pour mettre en valeur le feedback. Très bel atelier !

Le parcours de billes: un serious game autour de ATDD

Dans cet atelier animé par Gilles Mantel de Xebia, plusieurs membres de l'assistance sont enrôlés pour prendre les rôles de product owner, de développeur et d'ingénieur qualité dans un projet de développement visant à créer un château en blocs de bois qu'une bille pourra parcourir. Le reste de la salle est incitée à mettre la pression à l'équipe en tant que clients finaux, soucieux d'avoir le jouet pour Noël. Les trois malheureux travaillent en aveugle, c'est à dire sans voir ce que voient ou font les autres. On assiste alors à une scène très drôle qui rappelle follement la réalité du développement logiciel lorsque celui-ci est fait avec trop peu de feedback ou de culture commune. Dans un second temps Gilles se sert de cet essai pour rechercher comment faire mieux cela et pour introduire l'ATDD. L'Acceptance Test-driven development est une approche ou l'on traduit le besoin des clients en un test fonctionnel que l'on vérifiera tout au long du développement. Dans le cas du château le teste porte sur le fait que la bille lâchée au plus haut du château parcours bien les rigoles jusqu'en bas. De cette façon, le développeur détecte plus vite un gros défaut et le château a plus de chance d'être livré fonctionnel. Une chose que je trouve remarquable est le fait que Gilles fait continument évoluer cet atelier et a proposé une version en deux round le lendemain soir, afin de trouver la meilleur démonstration possible. Même les ateliers sont agiles !

Agile : les sujets qui fâchent

Cet atelier animé par Christophe Keromen, Indépendant et Dominique de Premorel de Agilbee Ouest oppose deux équipes de volontaires pris parmi l'assistance, des pro et de anti agilité pour que les sujets qui fâchent puissent être discutés et ne pas être occultés. J'ai fait parti de l'équipe des "anti" au coté de Luc Bizeul et de Pierre E. Neis et d'une agiliste dont j'ignore le nom. Luc et Pierre sont des grandes gueules d'expérience et les arguments étaient affutés, notre équipe a été assez convaincante... parmi les sujets proposés je retiens celui de l'avancement de carrière des développeurs inclus dans une équipe agile. Le schéma qui valait au siècle passé avant le bon coté de proposer une grille d'évolution lisible : programmeur, analyste, architecte, expert... alors que le schéma actuel est bien plus flou et reste à inventer.

J'ai passé le reste de l'après midi à discuter avec les personnes présentes et je n'ai pas assisté aux dernières présentations. Très belle journée !
crédit photo : Stéphane Bagnier

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